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BREEAM - Retour d'expérience bruxellois

24-11-15

Veille

BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Methodology) est - comme son nom l’indique - une méthode d’évaluation environnementale des bâtiments qui balaie tous les thèmes durables (santé, bien-être, énergie, eau, transport, matériaux, déchets, étude de site et écologie, pollution et management) et fixe à l’ensemble des acteurs d’un projet des objectifs « durables » ambitieux, au-delà des exigences légales.

Les critères BREEAM sont appliqués (sur base volontaire) dès la conception du projet, pendant la construction, et tout au long de l’utilisation du bâtiment, afin d’obtenir une mesure chiffrée du niveau de durabilité des bâtiments (cfr Fig.1).

Fig. 1 - Classement BREEAM en fonction des critères respectés.
 

En pratique, tout au long du chantier, les preuves du respect des critères sont récoltées par un assesseur BREEAM qui transmet, en fin de projet, un dossier complet au BRE (organisme anglais que l’on pourrait comparer au CSTC) afin que celui-ci décerne un certificat en fonction du niveau atteint (chaque critère valant un certain nombre de points).

Comment le BREEAM influence nos projets ?

A priori, on pourrait croire que le BREEAM ne change pas beaucoup notre façon de gérer nos chantiers, puisqu’il ne fait que tirer vers le haut des pratiques qui devraient déjà être systématiquement appliquées.

En pratique, cependant, tout d’abord les concepteurs (architectes et bureaux d’études) doivent prendre en compte des critères divers (de l’apport de lumière naturelle à la limitation des concentrations en Nox émises par les machines, en passant par le choix des matériaux et le nombre de compteurs d’eau) et intégrer dès le début toutes ces exigences dans leurs cahiers des charges.

Ensuite, il apparaît le besoin d’une coordination importante entre tous les acteurs pour s’assurer que les critères BREEAM soient respectés. La communication est en effet une des clés de la réussite d’un projet BREEAM car les exigences sont transversales et touchent tout autant la maîtrise d’œuvre, les équipes d’exécution que les utilisateurs finaux. Une bonne communication entre ces acteurs peut être assurée par la présence de l’assesseur BREEAM, mais aussi - et surtout - par la volonté commune de chacun.

Enfin, sur chantier, les entrepreneurs doivent assurer une bonne gestion environnementale du projet, un contrôle poussé des consommations énergétiques pendant le chantier, et un tri des déchets exemplaire.

A Bruxelles, on constate que la plupart des grands projets de bâtiments choisissent la méthode BREEAM dans le but d’apporter de la valeur ajoutée à leur projet, et dans l’espoir de vendre mieux (plus cher et/ou plus vite) les bâtiments construits.

Citons en exemple : le chantier Trebel réalisé par BESIX (cfr photo ci-dessus), dont l’objectif est d’atteindre le niveau Excellent.

Sur ce chantier, tous les points directement liés à l’entreprise générale ont été exigés par le maître d’ouvrage (Atenor), ce qui impose l’application stricte des exigences BREEAM, une tâche menée par le responsable Qualité-Sécurité-Environnement présent en permanence sur chantier, mais aussi par l’ensemble de l’équipe de chantier.

La récolte des données de consommations énergétiques (eau, électricité, chauffage, production de CO²) est affichée sur chantier et analysée dans le but de minimiser l’impact environnemental du chantier. Le choix des matériaux et des machines techniques tiennent également compte de cet impact.

Combien ça coute ?

Il est difficile de donner une estimation précise des frais globaux liés à l’utilisation du BREEAM. Cependant, on peut considérer que le coût total pour le maître d’ouvrage se situe entre 0,5 et 3% du montant total des travaux, en fonction du niveau recherché.

Pour l’entreprise générale qui réalise les travaux, le coût supplémentaire principal se mesure en termes de temps pour collecter les données et les preuves. Pour des projets de grande taille (entre 10 et 80M€), une personne doit être présente régulièrement sur chantier (entre 1 et 2 jours par semaine) pour réaliser ce travail.

Que retenir du BREEAM ?

BREEAM est une méthode complète et rigoureuse, qui apporte une mesure chiffrée et objective de la « durabilité » d’un projet. Ses principes sont excellents, même si l’application de la méthode est parfois rendue « lourde » par la nécessité de récolter des preuves intangibles de sa mise en œuvre.

Sur le fond, la méthode BREEAM remet en question nos pratiques et nous encourage fortement à développer nos compétences en termes de « construction durable ».

Photo: Le chantier Trebel, réalisé par BESIX - niveau BREEAM Excellent.

 

Auteur: Geoffroy Bekkers, Project Manager Sustainable Construction, BESIX

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