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De l’humidité dans mon mur ? Non mais à l’eau quoi…

21-12-17

Veille

« L’hygrothermie dans le bâtiment »… des mots qui parlent à certains, mais peut-être pas à d’autres. Le comportement hygrothermique des parois d’un bâtiment – c’est-à-dire le comportement des matériaux mis en œuvre lors des transferts d’énergie et d’humidité au travers de ceux-ci - est un thème de plus en plus abordé dans les séminaires et conférences. En effet, comprendre et anticiper le comportement hygrothermique d’une paroi permet d’éviter des problèmes d’humidité, de confort ou encore de pathologies durant la vie du bâtiment, qui peuvent s’avérer coûteux en budget et en consommation énergétique. L’apparition de réglementations énergétiques plus exigeantes, de matériaux naturels aux bonnes performances hygroscopiques et l’évolution constante des compositions de parois pour répondre aux contraintes de chantier explique également l’intérêt croissant du secteur pour l’hygrothermie. Chaque matériau présente un comportement différent : a-t-il tendance à laisser passer la vapeur d’eau ou à la freiner ? Absorbe-t-il l’eau à l’état liquide (pluie) et si oui, comment la redistribue-t-il en son sein ? Est-il en mesure de stocker de la vapeur d’eau et d’avoir une action régulatrice vis-à-vis de celle-ci ? Un nombre considérable de questions peuvent, ou plutôt doivent, se poser.

L’étude du « Relais postal », une rénovation tertiaire menée par le bureau d’architecture et d’urbanisme SKOPE pour le compte du Parlement bruxellois, fut très intéressante à réaliser. Il s’agissait de définir le complexe de paroi garantissant un bon comportement hygrothermique à tout moment de l’année et selon plusieurs orientations. Quel type de membrane adopter ? Quel matériau isolant choisir ? Un traitement hydrofuge est-il nécessaire ?

© SKOPE - Projet d’architecture du bureau SKOPE : Vue d'ensemble de l’ancien « relais postal » - nouveau siège du parlement bruxellois.

La problématique de l’absorption d’eau par la brique en face extérieure a été étudiée grâce à une parfaite collaboration entre SKOPE et pmp. En effet, outre les tests habituels de masse volumique apparente et d’absorption capillaire menés à l’aide de la méthode de Karsten, des échantillons de briques prélevés dans les différentes façades du projet ont été envoyés au laboratoire des matériaux de construction de l’ULg. Sur place, des essais complémentaires de porosité et d’absorption ont été réalisés. Les tests ont permis de constituer une fiche technique complète en vue d’un encodage dans un logiciel de simulation dynamique.

À travers les différents cas simulés et discutés dans l’étude, la question de l’hydrofuge a été abordée de trois manières : l’absence d’hydrofuge, la présence d’un hydrofuge dont l’efficacité est fixée à +/- 95% (cas théorique issu de la littérature scientifique) et la présence d’un hydrofuge efficace à 100% (cas pratique rencontré). Vous trouverez les résultats de l’étude sur notre site www.pmp-hygrothermie.be.

Les parois conçues par les architectes et bureaux d’études sont souvent très élaborées, voire complexes et elles tirent de plus en plus parti de matériaux innovants développés ces dernières années. Face à la démultiplication des tâches que les concepteurs doivent gérer au quotidien et l’apparition de matériaux toujours plus performants, il devient nécessaire de sensibiliser chaque acteur de projet à l’hygrothermie, et de lui proposer des outils d’aide à la décision. 

« Rénover un bâtiment est toujours une tâche pleine de surprises pour un architecte ou un entrepreneur, mais quand il s’agit de rénover un bâtiment historique (et classé comme c’est le cas de l’ancien Relais Postal), les contraintes sont encore plus présentes et sensibles ! C’est pourquoi l’étude du bâti existant doit être encore plus précise et complète afin d’être certain de choisir les solutions les mieux adaptées aux caractéristiques du bâtiment. Comme notre ancien Relais Postal a vécu une série de transformations à travers les siècles, il était encore plus fondamental d’étudier précisément le comportement des différents types de maçonneries rencontrés à travers les époques (certaines datent du XVII° siècle, d’autres du XIX° ou du début du XX° siècle), de plus les ambitions énergétiques de notre projet nous ont amenés à bien isoler les murs (tantôt par l’intérieur, tantôt par l’extérieur).
Pour toutes ces raisons, les études hygrométriques faites par pmp se sont avérées très utiles et très précieuses pour ajuster nos choix (type d’isolation, hydrofuges, mise en œuvre), elles nous ont permis de mieux comprendre le comportement des différentes maçonneries face aux intempéries. J’ai d’ailleurs été étonné par le sérieux scientifique des tests (exhaustivité et précisions)  qui ont été menés en collaboration avec l’ULg. Le rapport qui est extrêmement complet et détaillé est également présenté de manière très claire et didactique. »

Auteur: Benjamin Biot, Chargé de projet à la PMP.

Photo principale: © Georges De Kinder - le nouveau siège du parlement bruxellois (à droite) et une partie de l’ancien « relais postal » (à gauche).

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