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La forêt de grues de chantiers masque-t-elle les défis de la rénovation à Bruxelles ?

30-10-17

Veille

Bruxelles vit actuellement au rythme de ses chantiers… Ce n’est pas des chantiers routiers que nous voulons parler ici, mais de l’impressionnante dynamique constructive ou rénovatrice à l’œuvre dans notre capitale.

Il suffit de prendre un peu de hauteur pour constater la forêt de grues de chantier à l’œuvre dans le paysage bruxellois. Ce mouvement s’opère bien sûr dans les quartiers centraux de Bruxelles, où la promotion achève de transformer les derniers immeubles de bureaux obsolètes. Le secteur scolaire n’est pas en reste avec la création de nombreuses nouvelles écoles ou l’agrandissement d’établissements existants afin d’absorber l’afflux croissant d’élèves. Et dans les communes de deuxième couronne, l’on oscille entre grignotage des dernières friches ou reconversion d’anciens bâtiments de bureaux pour créer du logement et répondre ainsi à la pression démographique. Qu’ils soient le fait des pouvoirs publics ou du privé, ces gros projets sont en train de remodeler notre ville.

Pourtant, à côté de ce remarquable élan, Bruxelles compte bon nombre de propriétaires avec des fins de mois difficiles. Au cœur du croissant pauvre de Bruxelles, la grande majorité des propriétaires n’a pas le loisir de choisir entre placer des panneaux solaires photovoltaïques ou thermiques… Leurs maisons sont des passoires énergétiques et les conditions de salubrité y sont trop souvent limites. C’est dans ce type de bâti qu’interviennent les acteurs sociaux tels que les opérateurs du Réseau Habitat, ainsi que Casablanco. Ensemble, nous pensons qu’une maison mal isolée et peu salubre n’est pas une fatalité. Et que c’est en priorité au bénéfice de ces ménages-là que nous devons concentrer nos efforts. Afin que leur facture de chauffage soit la moins élevée possible, et que leur logement ne mette pas en péril leur propre santé. Sensibiliser un public précarisé à ces questions n’est pas évident, car elles restent trop éloignées de préoccupations quotidiennes de (sur)vie. 

Mais les solutions existent ! L’accompagnement personnalisé est indispensable pour conscientiser aux économies d’énergie, pour aider à prioriser des interventions, pour faciliter l’obtention de primes et de crédits verts. Les pouvoirs publics ont mis en place une série de mécanismes pour soulager les ménages précarisés. Et des entrepreneurs à la fibre sociale estiment que travailler dans ce type de contexte est intrinsèquement porteur de sens. Outre les isolations de toiture, de façade ou le remplacement des châssis, faire la chasse aux petites économies d’énergie fait aussi partie de la démarche : isolation de canalisations de chauffage, placement de thermostat ou minuteries, … Le projet-pilote Isoprim mené par la Maison de Quartier Bonnevie et Casablanco (principalement) a permis ce travail de fourmi dans les quartiers où les promoteurs ne s’aventurent pas et où les incitants publics n’ont pas d’effet sans un accompagnement social spécifique.

Casablanco plaide pour la poursuite d’un service d’accompagnement de proximité et continue de s’engager résolument en faveur de la rénovation de maisons particulières dans les quartiers défavorisés, afin que les économies d’énergie bénéficient en priorité aux Bruxellois qui ont le moins de moyens. Et que chaque habitation contribue aux objectifs globaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

Auteur: Charlotte van der Auwera, Directrice Adjointe chez Casablanco

 

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